Historique

En avril 2016, l’association L’Amar naît sous les feux des projecteurs neuchâtelois : les fondateur-trice-s décident d’occuper un bâtiment appartenant à la Ville, pour manifester l’urgence d’agir en faveur des demandeur-se-s d’asile et personnes migrantes dans la région. Il fallait un espace de rencontre, un accès à la ville pour ces personnes trop souvent isolées. Ce coup d’éclat donne une visibilité nouvelle à la question migratoire locale sur le plan politique et médiatique. Un soutien populaire s’affirme rapidement. En seulement une semaine le mouvement rassemble à la Rue de la Main des personnes d’horizons différents qui se mettent à réfléchir à des solutions et des changements possibles.

Après une semaine d’occupation, et malgré un soutien citoyen, L’Amar est sommée par les autorités de la ville de quitter le bâtiment, ce qu’elle accepte de faire. Cela ne suffira pas à couper l’élan solidaire en marche : l’association décidera de mener ses activités quotidiennes dans l’espace public, organisant notamment des repas hebdomadaires en pleine rue.

En juillet, L’Amar obtient finalement le droit d’installer une roulotte au bord du lac, aux Jeunes Rives. Cette relative stabilité lui permet de commencer à mettre en place des cours de langues et un magasin gratuit. Puis, à l’automne, la Ville finit par proposer un nouveau logement à l’association : des locaux préfabriqués voués à la destruction, dans le quartier de la Coudre. Ses activités se pérennisent et se multiplient : cours de langues, cours de sport, activités artistiques et culturelles, conférences et discussions politiques.

En juillet 2018, un déménagement s’impose car les locaux de la Coudre doivent être détruits. Au dernier moment, la Ville signe un accord avec les promoteurs du projet Tivoli Center à Serrières, qui permet à L’Amar de s’installer temporairement dans l’ancienne usine Sugus. L’association y tissera des liens avec d’autres acteur-trice-s sociaux et culturels dans le quartier. C’est de ces rencontres que naîtra le Syndicat Unitaire Général des Usines Suchard : organisation de lutte pour l’usine et solidaire face aux difficultés de logement pour les acteur-trice-s sociaux et culturels dans la ville.

Aujourd’hui, un délai de six mois, jusqu’en juin 2020, a été accordé aux usagers pour quitter l’usine Sugus. L’Amar et la Ville de Neuchâtel semblent donc avoir un peu de temps pour concrétiser le projet de relogement qui se dessine.